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10/10/2010

« Double-Dix » pour Taiwan

DSC00580-pt.jpgA Taiwan, la fête du « Double-Dix » commémore l’anniversaire du soulèvement du 10 octobre  1911 en Chine qui entraîna la chute de la dernière dynastie Qing et la fondation de la République de Chine.

Le 10 octobre est donc devenu jour de Fête nationale *.

Pour l’occasion, nous avons assisté le 9 octobre à une chaleureuse soirée de Fête autour d’un somptueux buffet honoré par beaucoup – beaucoup, beaucoup – de monde. 

Organisé par le Bureau de Représentation de Taipei en France (B.R.T.F.) **, l’évènement accueillait notamment un représentant des populations aborigènes de l’Île. Les Aborigènes, environ 500.000 personnes, composent la part la plus ancienne du peuplement de l’Île. Ils défendent une culture aux multiples facettes dont la vitalité est remarquable depuis quelques années. Hier soir, c’était la musique et le chant qui étaient à l’honneur.

* En chinois, dix s’écrit . La Fête nationale commémorant la date du 10e jour du 10e mois porte donc le nom de , « Double Dix ». 

** Taïwan ou « République de Chine » a tout, en apparence, d’un État indépendant mais son indépendance – sujet sensible par excellence – n’a jamais été officiellement proclamée (il s’agit là d’une question « clivante » pour la population et les partis politiques de l’Île). Taiwan n’est donc pas un état au sens plein du terme : l’Île ne bénéficie que d’une reconnaissance internationale partielle (un peu plus de vingt états) et n’a pas de siège à l’ONU (la demande en a été faite en juillet 2007 mais refusée par la Communauté internationale). C’est pourquoi dans les faits, Taiwan entretient des « relations diplomatiques » avec la plupart des états du monde par le biais de bureaux de représentation faisant office de consulats. 

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22/09/2010

Je regarde la lune...

DSC00388-pt.jpgÀ la fin de cette journée du 22 septembre, à l’entrée d’une nuit qui verra se lever une lune, pleine et lumineuse comme jamais d’autres nuits dans l’année, les célébrations de la Fête de la mi-automne ou fête de la lune 中秋节 (zhongqiujie) pourront débuter.

En Chine, cette lune ronde et brillante, symbole d’unité, donne l’occasion de célébrer la famille rassemblée, les amis réunis et de goûter ensemble au fameux gâteau de la Lune (月饼 yuebing).

Ce soir, nous serons en famille et nous dégusterons des gâteaux reçus d’amis qui ont eu cette aimable pensée pour nous. Et qui sait si nous ne nous raconterons pas des histoires de lune à faire rêver les petits et les grands

À tous, nous souhaitons de belles histoires, une heureuse fête et une bonne dégustation. À nos amis, nos chaleureux remerciements.

Pensée nocturne

Devant mon lit clarté lunaire,

Est-ce du givre couvrant la terre ?

Tête levée, je regarde la lune ;

Yeux baissés songe au pays natal.

Li Po (trad. François Cheng, in Poésie chinoise, éd. Albin Michel, 2005)

15/07/2010

La revue "Planète chinois" interviewe HongFei Cultures

PlaneteChinoisn°1.jpgEn septembre 2009, paraissait le 1er numéro de la nouvelle revue  trimestrielle Planète chinois complétée d’un site internet aux entrées multiples. Destinée à « tous ceux qui étudient le chinois », elle constitue une très belle proposition à l’intention de tous ceux désireux d’en savoir un peu plus de « cette planète qu’est le chinois » et de « la culture qu’elle porte » et qui « a depuis des siècles symbolisé la différence ou l’autre possible. »*

Il était impossible que ce beau projet et les éditions HongFei Cultures ne voient pas leur route respective se croiser...

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Retrouvez dès à présent, sur le site de la revue, une interview des éditeurs de HongFei Cultures.

EXTRAIT

HongFei Cultures « façonne la rencontre de textes chinois et d’imaginaires français ». Pourquoi est-ce pour vous si important ?

Dans un monde ouvert, nul doute que les occasions de rencontre vont se multiplier. Or dans la perspective de bien vivre ensemble, il importe de se connaître. Concernant la Chine, les clichés, notamment iconographiques, sont nombreux et empêchent parfois une rencontre véritable. Pour notre part, nous pensons qu’il est possible de faire une expérience sensible d’une Chine actuelle, étonnante et humaniste par une voie originale et encore peu fréquentée des jeunes lecteurs, celle des textes d’auteurs chinois classiques ou contemporains.

En même temps, nous sommes conscients qu’une culture vivante est celle qui s’actualise et se nourrit de la création ; c’est pourquoi… lire la suite

ET PUIS TRES BIENTÔT...

9782355580215_FT_vignet-web.jpgLIRE, ÉCOUTER, PRONONCER

Dans sa collection ‘En quatre mots’, HongFei Cultures publient des fables de Chine ponctuées de chengyu, formules proverbiales chinoises de quatre mots. **

Très bientôt, un enregistrement des chengyu publiés par HongFei Cultures et d’autres choisis avec Planète chinois seront mis en ligne sur le site de la revue à raison d’un par mois. L’occasion pour les jeunes lecteurs d’une découverte lexicale et culturelle !

Lire, écouter, prononcer les chengyu... approcher et comprendre une autre manière de penser !

 

* Joël BELLASSEN (inspecteur général de chinois au ministère de l'Éducation nationale) Éditorial du n° 1

** à découvrir dans la coll. 'En quatre mots' : Face au Tigre / à venir à l'automne, dans la même coll. : Mais où est donc le lapin ?

05/07/2008

Du charme de la vertu ou Ingrid BETANCOURT est libre !

L’admiration ne peut pas être la vertu par délégation…

Portrait-Cheng.jpgDans son « Discours sur la vertu », prononcé le 29 novembre 2007 à l’Académie française, François Cheng explique que pour Confucius, « la vertu n’est nullement une idée ou une règle abstraite, qu’elle est éminemment incarnée » mais que ce trait de la vertu étant trop ignoré, elle est mal comprise et regardée comme ennuyeuse. Aussi un jour, Confucius se serait écrié Que n’ai-je le pouvoir de rendre le désir de vertu aussi attrayant, que le désir charnel ! Donner du charme à la vertu. Ou plutôt attendre des hommes qu’ils se rendent disponibles au charme de la vertu, disposé à le voir et à l’accueillir. Le chemin est long.

Curieux phénomène ! Depuis quelques temps, en France, les femmes deviennent des saintes. Mieux, des madones, soit « la » femme en représentation – ou représentée. Ainsi les médias, télévisés surtout, mais pas seulement eux, opèrent-ils, par la force du verbe, la métamorphose, que dis-je, la transsubstantiation. Ainsi en alla-t-il de Ségolène Royal et désormais d’Ingrid Betancourt. Et comme à une madone il convient toujours de trouver un enfant… on ne s’étonnera pas que nous soyons collectivement appelés à devenir celui-ci. Idolâtrie ? Mauvais présage, en tous les cas, pour elles qui ne le souhaitent certainement pas comme pour nous qui ne méritons pas ce triste sort.

Portrait-Ingrid Betancourt.jpgHumaine. Est-ce trop attendre de nous que de regarder la vertu comme une voie possible de l’homme. Et en l’occurrence d’Ingrid Betancourt en tant qu’elle est une femme non une sainte. Avons-nous, pour elle et sa force intérieure, si peu de considération qu’il nous soit besoin d’aller ailleurs d’elle, au-delà d’elle, dénicher ce qui la fait briller d’un tel éclat. Avons-nous pour nous-mêmes, surtout, si peu de considération que notre admiration pour elle s’accompagne d’un abaissement de soi. L’admiration ne peut pas être la vertu par délégation. Or, faire d’Ingrid Betancourt, une « sainte », une « différente », revient à nous distancier de la vertu, à minorer son implication d’être humain, à excuser notre propre manque d’implication, à rendre improbable notre propre vertu.

C’est parce que la vertu est humaine qu’elle est une voie possible pour chacun de nous, souvent par « contamination » ou, plutôt par l’expérience partagée.

Quand on se promène ne serait-ce qu’à trois, chacun est certain de trouver en l’autre un “maître”, faisant la part du bon pour l’imiter et du mauvais pour le corriger en lui-même (Confucius).

30/05/2008

Dérive des continents - des rives littéraires

544129429.jpgDepuis quelques mois, la terre bouge en extrêmes orient : Chine et Taïwan se rapprochent. Pour quel résultat ? Difficile à estimer aujourd’hui. Bien sûr, il faut saluer un rapprochement pacifié à l’invitation de la Chine. Mais, dira-t-on, la petite île a-t-elle le choix ? On ergotera, si on le veut. Vu d’ici, les choses sont simples.
Pourtant, à dresser une courte histoire de la littérature taiwanaise contemporaine, on perçoit bien la complexité de la situation :
1945 – lors de sa rétrocession à la Chine, Taiwan appartenait à l’empire nippon depuis un demi-siècle ; la plupart de ses écrivains s’exprimaient en japonais. Années 60 et 70 – le débat autour du ‘modernisme’ et de la ‘littérature de terroir’, recoupait partiellement la dualité du peuple taiwanais : les ‘Continentaux’ (sans racines taiwanaises) et les Taiwanais de souche (pareillement venus du continent chinois mais à une époque plus ancienne). Années 80 – avec la démocratisation de la société, l’identité taiwanaise s’affirme plus librement et s’affranchit de l’obsession continentale ; c’est le temps d’un vaste travail d’exploration et de reconstruction de l’histoire taiwanaise. Années 90 et 2000 – une nouvelle génération d’écrivains (encore trop peu connus), mais aussi de cinéastes (reconnus internationalement), établit une distance critique par rapport au passé et aux engagements politiques dont le caractère illusoire ou même dérisoire est souligné concernant une terre à la configuration identitaire particulièrement complexe.
Rapprochement d’esprit ? Écart de texte ? (car, tout au long de ces décennies, cet écart avec le continent s’est creusé et se traduit notamment par une différentiation des styles et de la langue (du point de vue lexical, mais aussi du registre utilisé).
« Si la littérature taiwanaise est assurément profondément chinoise, et aime à se considérer comme telle […], elle doit être appréhendée, non point comme une littérature provinciale ou marginale, mais bien comme un domaine à part entière. » (A. PINO et I. RABUT)

2039341005.gifJ’emprunte l’essentiel du contenu de cet article à la préface éclairante qu’Angel PINO et Isabelle RABUT ont écrite pour le livre A mes frères du village de garnison – Anthologie de nouvelles taiwanaises contemporaines, éd. Bleu de Chine, 2001.

17/05/2008

Tremblement de terre en Chine - Trois heures et demie : le temps du lien renoué

Après le tremblement de terre survenu en Chine, dans la province du Sichuan, je pense d’abord aux victimes ; morts, disparus, blessés, survivants. On parle désormais de 80.000 victimes ; une ville préfecture, Beichuan, qui comptait 30 000 habitants, a tout simplement sombrée.

Une telle catastrophe crée beaucoup, vraiment beaucoup d’orphelins et de parents sans descendant. La philosophie chinoise enseigne l'inconstance de l’existence ; c'est cette communauté de sort, de « fragilité », qui unit les êtres humains dans une compréhension humble, profonde et sans parole. La culture chinoise enseigne aussi la force d'esprit qui peut ressortir de cette fragilité. 

Hier, trois charters ont effectué une liaison directe entre Taïwan et le Sichuan ; ils y ont livré vivres et équipements de sauvetage et ont permis d’évacuer des touristes et résidants taïwanais touchés par la catastrophe. Trois heures et demie de vol, sans escale, depuis Taipei jusqu'à Chongqing et Chengdu. Trois heures et demie après soixante années ou presque d’un divorce fratricide : c'est une première depuis 1949, année où l'île de Taïwan s’est séparée du « continent politique » chinois suite à la guerre civile. Je souhaite saluer et encourager, à la mesure de ce blog, ce lien renoué.

Et qui sait si tous ceux qui, sincèrement, ont à cœur de créer des liens de dialogue et de compréhension envers la Chine, cet immense « continent d’esprit » n'y trouveront pas l’occasion d’un exemple.

00:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, taïwan |  Facebook