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29.07.2008

tendrement, en souvenir d'Alice

Fleurs qui tombent

source.jpgEnfin les hôtes sont partis de mon pavillon ;

Les fleurs de mon petit jardin en tous sens volent.

De-ci, de-là, au-dessus des sentiers sinueux,

De loin elles font escorte au soleil qui se couche.

...

Le cœur brisé, je n’ose encor les balayer ;

Mes yeux s’accrochent à elles, mais elles vont partir.

Mon cœur aimant meurt avec le printemps :

Il ne reste que mon habit mouillé de larmes.

poème de LI Chang-yin (813-858), en souvenir de ma grand-mère si chérie, Alice, qui me laisse, le cœur brisé et mon habit mouillé de larmes.

peinture de Qiu Ying (1482-1559), « La source immortelle des pêchers en fleurs », tiré de Poèmes sans paroles. Chronique des peintres chinois en deçà du Fleuve Bleu, de Anne Kerlan-Stephens, éd. Hazan 1999.

26.07.2008

La lune et l'enfant

« La lune et l’enfant » de LIU Hongbin

 

LiuHongbin.jpgLa lune – pleine – s’est levée

Tout jeune ma mère me cajolait sur son sein quand je tombais de sommeil.

« Enfant », dit la lune, « je viens te chercher »

Et moi : « Pardonne-moi, mais je t’ai parfois oubliée ».

 

 

 

 

thiryamour0408int.jpg                  maree-10_72dpi.jpg

A Taïwan, dans le langage parlé, la lune est appelée yue-niang, ou « lune-maman ».

 

Poème de LIU Hongbin, extrait de Un jour dans les jours, traduit par Guilhem Fabre, éd. Albertine, 2008.

 

Les deux images sont extraites de Marée d’amour dans la nuit illustré par Mélusine Thiry, éd. HongFei Cultures, avril 08.

22.07.2008

Portraits imaginaires et portraits d'imaginaires

25Est.gifDu 17 juillet au 30 août, Thomas Nys, à qui l’on doit les illustrations de Chants des Lucioles et de Lunes de Chine (éd. HongFei Cultures, oct. 07), expose une quinzaine de planches originales composant une galerie de portraits inspirés de figures d’enfance. Ses dessins, de grand format, à l’encre et au pastel, mettent en scènes de minuscules évènements poétiques et incongrus. Le choix de l’exposition nous permet de retrouver quelques-uns des thèmes favoris de Thomas : le livre, l’oiseau, l’imaginaire ; ou encore d’entrer dans l’intimité créatrice de l’artiste, au détour de trois dessins qui, chacun, annonce un personnage point de départ d’une narration encore inédite.

Rendez-vous au 25°Est jusqu’au 30 août | 10 Place de la Bataille de Stalingrad – 75019 Paris | Métro : Jaurès (lignes 2, 5, 7 bis) ou Stalingrad (lignes 2, 5, 7) | Bus : Jaurès-Stalingrad (ligne 26), A.-Carrel, Jaurès ou Stalingrad (ligne 48), Quai de la Seine-Stalingrad (ligne 54) | Tel : 01 42 09 66 74. Plus d’infos : www.25est.com

 

13.07.2008

Hokkaido, de Michael Kenna

kenna-hokkaido-livre.jpgQuatre-vingt quatre photographies de Michael Kenna superbement imprimées sur un papier Japon pour un livre-objet exceptionnel (la couverture est en bois d’érable, le livre est sous étui noir). 

Quatre-vingt quatre planches et pas un homme.

Une nature somptueuse et sublimée par les traces de la civilisation. Et pas un homme.

Des espaces comme des profondeurs. Des traces comme des lignes. Des noirs et blancs comme tels. Et pas un homme.

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Kussharo Lake Tree, Study 2, Kotan, Hokkaido, Japan, 2005
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Torii Gate, Shosanbetsu, Hokkaido, Japan, 2004

J'aimerais atteindre / Ce bout de plaine enneigée / Sans être rappelée. Takako Hashimoto (haïjin née en 1899, m. en 1963)

Michael Kenna, Hokkaïdo, éd. Nazraeli Press, 2006.

12.07.2008

Mers de Chines

MersdeChine.jpgDans la littérature chinoise, l'évocation de la mer extrait le lecteur de son existence quotidienne pour le transporter dans un monde extra-terrestre, extra-territorial, et extra-ordinaire : un monde d'émotions. (lire la suite). 

11.07.2008

YU Hua ou le langage du vide et du plein

Vivre ! et 1986, deux titres du même auteur chinois, deux pôles de l’écriture sensible de YU Hua :YUHuaPortrait.jpg


YUHuaVivre.jpgVivre ! Un après-midi durant, Fugui, un vieux paysan, fait le récit circonstancié de sa vie à un homme de passage. Intarissable, bienheureux malgré les affres d’une existence qui ne l’a pas épargné, il trouve là l’occasion de tracer visiblement la ligne de sa vie, d’inventer sa destinée (comme on invente un trésor). Un homme qui extériorise un monde intérieur. Ici, la parole – en fait l’écriture – parfait l’action vitale de Fugui et concourt à établir une relation harmonieuse entre l’homme et l’univers.


YUHua1986.jpg1986. Un jour, quelque part en Chine, le surgissement d’un homme disparu vingt ans plus tôt, au commencement de la Révolution culturelle, hante sa famille. Devenu fou, l’homme se livre visiblement, au milieu de la foule, à des simulacres de tortures. Il en mourra. Sa famille, silencieuse, flétrie, repliée dans une maison obscurcie, intériorise le monde extérieur. Ici, le silence – en fait l’écriture – rétablit l’élan vital, la grâce et concourt à établir l’unité intime harmonieuse.

Le plein et le vide, deux voies sensibles et agissantes ; YU Hua, un paysage littéraire chinois.

Pour le portrait de YU Hua : © Papiers de Chine (voir ici)

07.07.2008

L'avenir proche

HsiaoHanCrea.jpgSamedi, c'était la journée porte ouverte et rencontres professionnelles des Gobelins , l'école de l'image. Hsiao-Han YAO (créa ci-contre), graphiste free-lance, termine son année de formation en graphisme. Avant cette période de formation aux Gobelins, elle avait déjà quelques ouvrages à son actif comme auteur ou comme designer visuel. Cette année a vu son expression graphique s'épanouir, notamment dans le cadre de sa collaboration très active aux projets de HongFei Cultures : le bon air de Paris n'y est pas pour rien. Nous lui adressons nos meilleurs vœux pour un envol en beauté. 

05.07.2008

Du charme de la vertu ou Ingrid BETANCOURT est libre !

L’admiration ne peut pas être la vertu par délégation…

Portrait-Cheng.jpgDans son « Discours sur la vertu », prononcé le 29 novembre 2007 à l’Académie française, François Cheng explique que pour Confucius, « la vertu n’est nullement une idée ou une règle abstraite, qu’elle est éminemment incarnée » mais que ce trait de la vertu étant trop ignoré, elle est mal comprise et regardée comme ennuyeuse. Aussi un jour, Confucius se serait écrié Que n’ai-je le pouvoir de rendre le désir de vertu aussi attrayant, que le désir charnel ! Donner du charme à la vertu. Ou plutôt attendre des hommes qu’ils se rendent disponibles au charme de la vertu, disposé à le voir et à l’accueillir. Le chemin est long.

Curieux phénomène ! Depuis quelques temps, en France, les femmes deviennent des saintes. Mieux, des madones, soit « la » femme en représentation – ou représentée. Ainsi les médias, télévisés surtout, mais pas seulement eux, opèrent-ils, par la force du verbe, la métamorphose, que dis-je, la transsubstantiation. Ainsi en alla-t-il de Ségolène Royal et désormais d’Ingrid Betancourt. Et comme à une madone il convient toujours de trouver un enfant… on ne s’étonnera pas que nous soyons collectivement appelés à devenir celui-ci. Idolâtrie ? Mauvais présage, en tous les cas, pour elles qui ne le souhaitent certainement pas comme pour nous qui ne méritons pas ce triste sort.

Portrait-Ingrid Betancourt.jpgHumaine. Est-ce trop attendre de nous que de regarder la vertu comme une voie possible de l’homme. Et en l’occurrence d’Ingrid Betancourt en tant qu’elle est une femme non une sainte. Avons-nous, pour elle et sa force intérieure, si peu de considération qu’il nous soit besoin d’aller ailleurs d’elle, au-delà d’elle, dénicher ce qui la fait briller d’un tel éclat. Avons-nous pour nous-mêmes, surtout, si peu de considération que notre admiration pour elle s’accompagne d’un abaissement de soi. L’admiration ne peut pas être la vertu par délégation. Or, faire d’Ingrid Betancourt, une « sainte », une « différente », revient à nous distancier de la vertu, à minorer son implication d’être humain, à excuser notre propre manque d’implication, à rendre improbable notre propre vertu.

C’est parce que la vertu est humaine qu’elle est une voie possible pour chacun de nous, souvent par « contamination » ou, plutôt par l’expérience partagée.

Quand on se promène ne serait-ce qu’à trois, chacun est certain de trouver en l’autre un “maître”, faisant la part du bon pour l’imiter et du mauvais pour le corriger en lui-même (Confucius).

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