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26/07/2009

Peintures chinoises à Bussy-saint-Georges (77)

Dongfang Tuqin à Bussy.jpg
ci-dessus, extrait du Magazine municipal d'information n°112 (juin 2009) de Bussy-Saint-Georges
 
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A découvrir jusqu'au 29 juillet, à Bussy-Saint-Georges (Marne-la-Vallée, 77), quelques toiles du peintre chinois Dongfang Tuqin récemment exposé, pour la première fois en Europe, par la galerie Minsky à Paris (7e arr.).
On regrettera le manque de qualité de la mise en place de cette petite exposition et son caractère peu accueillant mais on se laissera séduire par les oeuvres montrées là. Pour qui est de passage à Bussy-Saint-Georges...
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Quelques oeuvres, entre fraicheur et gravité, signes et graffitis.

17/10/2008

Le corps de l'Ange - a propos d'une oeuvre de l'exposition China Gold

L’Ange est de chair… est une femme… est multitude et unique… est chaque femme… est d’or…  dort ? L’Ange a un corps.

CUI Xiuwen est une jeune artiste chinoise, vidéaste, photographe et peintre.

À l’instar de ses vidéos qui portent intrinsèquement un mouvement, sa photographie, elle aussi, semble montrer un « mouvement ». On pense immanquablement aux travaux de l’américain Eadweard MUYBRIDGE ou du français Étienne-Jules MAREY dont les méthodes chronophotographiques consistant à prendre une série de photographies instantanées d'un mouvement révélèrent, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’invisible du mouvement.

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En termes rapides et mécaniques, on dirait que l’intérêt de CUI Xiuwen porte sur l'étude du mouvement chez les êtres vivants. En réalité, il s’agit bien de l’observation – que dis-je, de la révélation – du corps en tant qu’il signe des attitudes chez l’être social. Si bien qu’en fait de mouvement, c’est une aspiration, celle du sujet photographié, que révèle la pellicule.

Chez CUI Xiuwen, le sujet de l’image, l’être social aux attitudes révélées, c’est la Femme. La Femme en son statut ; la Femme sous contrôle, surveillée, visée, épiée ; une jeune Femme ; une Femme qu’un œil intrusif, insistant, impudique, épie. C’est de l’œil social dont il s’agit, celui du monde dans lequel cette Femme vit, se déplace, se repose, s’effraie du peu de place ou de crédit qu’on lui accorde. Mais cet œil, pour sa part subversive, est aussi celui de l’artiste qui, devenant le temps de sa création, le monde oppressif, questionne ce monde, le plaçant en position de spectateur, convoquant l’homme derrière l’œil – nous –, nous proposant l’empathie et nous pressant, finalement, de regarder ailleurs si c’est pour regarder comme ça. Magistral !

Une des œuvres de CUI Xiuwen a été exposée au Musée Maillol, à Paris, à l’occasion de l’exposition China Gold. « Angel No.2 » est une œuvre photographique imprimée sur papier de riz et à laquelle a été appliquée la technique du marouflage. Splendide illusion et magnifique appropriation d’une pratique classique si caractéristique de la peinture chinoise.

 

Cet Ange là a un corps. Un corps jeune. Un corps jeune dont CUI Xiuwen donne à voir l’éveil sexuel. De ce corps l’artiste semble d’abord nous faire voir le mouvement, à la manière des photographies de MAREY, et sur un rythme similaire : CUI propose douze vues de l’Ange comme le « fusil photographique », inventé par MAREY en 1882, permettait de prendre 12 vues par seconde du sujet.

fusil-Marey.gif      Marey-oiseau.jpg

Mais ici, donc, plus que le mouvement, c’est l’aspiration de ce corps à vivre, à jouir, que révèle l’artiste. En s’approchant de l’œuvre, en examinant le sujet, on s’aperçoit avec horreur qu’on pénètre son intimité, qu’on est prêt de violer cet Ange. Pris au piège de notre regard, celui précisément « dénoncé » par l’artiste parce réalisant cette intrusion au quotidien et s’élevant en juge !  Sur un ton finalement incisif, CUI Xiuwen nous fait voir les images de ce qu’on ne peut percevoir à l’œil nu que lorsqu’on bafoue le corps en question et sa liberté d’être. Une œuvre provocante, dérangeante et salutaire.  

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Le catalogue de l'exposition (éd. Gallimard, 2008)

21/08/2008

Asie en Lumieres

BanniereAeL2a-.jpgAvec trois autres partenaires, HongFei Cultures est à l’initiative de l’organisation d’un salon des littératures asiatiques intitulé « Asie en Lumières ». Il se déroulera à Lognes/Marne-la-Vallée (77), le 31 janvier 2009.

Nous proposons ainsi un rendez-vous culturel autour des lanternes pour ouvrir des livres et s’ouvrir à l’Asie.

Le site web d’Asie en Lumières est désormais ouvert. Vous y trouverez les premières informations disponibles concernant notre projet et la programmation.

Avant le 31 janvier prochain, rendez-vous déjà sur le site www.asie-en-lumieres.fr ou sur facebook à la page dédiée à Asie en Lumières.

Bonne visite à tous.


06/08/2008

Emprunter le paysage

FenêtreTableauSuzhou-pt.jpgQuand on ouvre une fenêtre, pas de plus grande merveille que d’emprunter le paysage

« Partout où l’on aménage une fenêtre de ce type, il ne faut pas hésiter à aller à distance, de telle sorte que l’endroit où le visiteur s’assied pour contempler la montagne soit relativement éloigné de la fenêtre : alors c’est le cadre de la fenêtre qui devient tableau et ce qui est à l’intérieur du cadre qui devient montagne ; tableau et montagne sont réunis sans qu’on puisse faire le départ entre les deux, et le spectateur sait sans le demander que c’est un tableau naturel ! »

Extrait des Carnets secrets de Li Yu

Fenêtre-tableau_Atelier Verdier.jpg« Cette fenêtre est une pierre de rêve vivante qui me rappelle à chaque instant l’impermanence des choses. […]. Le monde extérieur se concentre en ce seul point de l’atelier, ce qui confère toute sa puissance à cette icône vivante, alors que dans la fosse les visions qui guident mon pinceau doivent surgir de mon être intérieur, protégées de toutes sollicitations du dehors. »

Extrait de Entre ciel et terre, entretien de Charles Juliet avec Fabienne Verdier

Fenêtre-tableau à Suzhou, photographie de Chun-Liang Yeh (2005)

Li Yu (1611-1679 ?), écrivain, fut, d’après Jacques Dars, « un des plus joyeux génies et un des plus charmants excentriques que la Chine ait produits. » (Jacques Dars, Les carnets secrets de Li Yu. Un art du bonheur en Chine, éd. Philippe Picquier, 2003).

Entre ciel et terre (éd. Albin Michel, 2007) : extrait de l’entretien de Charles Juliet avec Fabienne Verdier et vue de l’atelier de Fabienne Verdier (photographie de Naoya Hatakeyama).

26/07/2008

La lune et l'enfant

« La lune et l’enfant » de LIU Hongbin

 

LiuHongbin.jpgLa lune – pleine – s’est levée

Tout jeune ma mère me cajolait sur son sein quand je tombais de sommeil.

« Enfant », dit la lune, « je viens te chercher »

Et moi : « Pardonne-moi, mais je t’ai parfois oubliée ».

 

 

 

 

thiryamour0408int.jpg                  maree-10_72dpi.jpg

A Taïwan, dans le langage parlé, la lune est appelée yue-niang, ou « lune-maman ».

 

Poème de LIU Hongbin, extrait de Un jour dans les jours, traduit par Guilhem Fabre, éd. Albertine, 2008.

 

Les deux images sont extraites de Marée d’amour dans la nuit illustré par Mélusine Thiry, éd. HongFei Cultures, avril 08.

13/07/2008

Hokkaido, de Michael Kenna

kenna-hokkaido-livre.jpgQuatre-vingt quatre photographies de Michael Kenna superbement imprimées sur un papier Japon pour un livre-objet exceptionnel (la couverture est en bois d’érable, le livre est sous étui noir). 

Quatre-vingt quatre planches et pas un homme.

Une nature somptueuse et sublimée par les traces de la civilisation. Et pas un homme.

Des espaces comme des profondeurs. Des traces comme des lignes. Des noirs et blancs comme tels. Et pas un homme.

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Kussharo Lake Tree, Study 2, Kotan, Hokkaido, Japan, 2005
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Torii Gate, Shosanbetsu, Hokkaido, Japan, 2004

J'aimerais atteindre / Ce bout de plaine enneigée / Sans être rappelée. Takako Hashimoto (haïjin née en 1899, m. en 1963)

Michael Kenna, Hokkaïdo, éd. Nazraeli Press, 2006.

26/06/2008

Le festin de la vie

Après-midi rencontre-lecture avec LEUNG Ping-Kwan, auteur de Hong Kong, à la médiathèque de la Goutte d’Or (Paris 18e).

Fameux moment où l’on entendit parler d’oursins, d’aubergines, de soupe et de salade Mao, de sushis et de potage d’orties. Bref, une « poésie culinaire » ! Non pas des recettes mises en poésie, mais bien un monde de goûts, de saveurs, de matières, de couleurs, un monde sensible mis en images, en mots et en rythme par LEUNG Ping-Kwan pour dire mieux la rencontre, l’amour, les corps. Jusqu’à ce dernier texte au titre évocateur : « La soupe très efficace ». Remarquable de vigueur (chaque vers débute par « Le plus pimenté ») et d’empêchement (chaque vers appelle son contraire dans le vers suivant), ce texte fait entendre une symétrie dissonante comme l’est la cuisine cantonaise (celle de la région de Hong Kong) :

Le plus pimenté, l’ardent baiser qu’il donne  / Le plus pimenté, l’insensible froideur qu’elle affiche 

LEUNG-Gallimard.jpgLEUNG-You Feng.jpgProfesseur de littérature, auteur de nombreux livres (romans, nouvelles, essais), LEUNG Ping-Kwan est d’abord un poète. Aujourd’hui, lecture en cantonais par l'auteur d’une dizaine de textes extraits de son recueil De ci de là des choses (éd. You Feng, 2006). Sa traductrice Annie CURIEN et Julie CURIEN, responsable de l’action culturelle de la médiathèque, ont assuré la lecture en français et la traduction pendant l’échange qui a suivi.

De LEUNG Ping-Kwan, on peut aussi trouver en France un recueil de nouvelles : Îles et continents (éd. Gallimard, 2001, trad. Annie CURIEN).

A voir : quelques photos de la rencontre dans la colonne de droite de ce blog !

A noter : le titre de ce billet est emprunté à un chapître de LIN Yutang, L'Importance de vivre (éd. Picquier poche, 2007)

19/06/2008

La naissance de l'arbre

RevedeJade.jpg« Dans la tête de l’artiste, d’abord, il y a deux façons de décrire un arbre :

1.       par le dessin d’imitation comme on l’apprend dans les écoles de dessin européennes

2.       par le sentiment que son approche et sa contemplation vous suggèrent comme les Orientaux. »

Henri MATISSE, La Naissance de l’arbre, juin 1943 cité par Roland LIN Chih-Hung en exergue de son livre Rêve de jade, éd. PUPS 2006.

13/06/2008

En complément au post précédent

Lu ce matin :

rougeauxlevresCouv.gif« La langue japonaise est comme un croquis à l’encre de Chine, alors que les langues européennes, qui sont plus exactes dans leur façon d’exprimer les choses, ressemblent à une peinture détaillée à l’aquarelle ou à l’huile. »

Asataro MIYAMORI, dans An Anthology of Haïku Ancient and Modern, 1932, citée dans la préface de Du rouge aux lèvres. Haïjins japonaises (éd. La Table Ronde, 2008).

10/06/2008

Dire les choses sans que cela se sache…

Avec son texte Marée d’amour dans la nuit (éd. HongFei Cultures, avril 08), XU Dishan nous fait entrer dans la relation très intime d’un père et de son fils à l’approche des « cents jours » de la disparition de la maman. L’enfant et le père, tous deux contraints à la même absence, ne semblent pas vivre la même histoire : au contraire de Bao-Huang, petit garçon de 7 ans qui ne paraît pas comprendre ce qui est arrivé, le père est plongé dans un chagrin profond.

Il y a quelques jours, à la lecture de ce texte, une lectrice avisée me faisait la remarque suivante : « c’est bien, c’est très beau, plein de poésie… mais le texte reste en surface des sentiments de l’enfant… on ne connaît pas ses émotions… il a l’air de passer à côté de la détresse de son père, il ne semble pas comprendre ce qui est arrivé… il est presque naïf ! ».

En réalité, sans le savoir sans doute, cette lectrice venait de faire l’expérience de la littérature chinoise.

Au commencement de son Chine - Histoire de la littérature, le sinologue Jacques PIMPANEAU écrit : « Un malentendu naît souvent à la lecture d’œuvres chinoises, à cause d’un problème de langage, qui n’a rien à voir avec les difficultés particulières de la langue chinoise […]. En effet, le lecteur occidental est souvent déçu : il n’y voit au pire que des histoires gentilles mais un peu puériles, au mieux des récits hermétiques où il soupçonne un sens caché, indécelable pour lui. La raison est que les Chinois ont traditionnellement une façon différente de s’exprimer. […]. Un Occidental ‘dit les choses’ […]. Pour les Chinois en revanche, dire les choses carrément leur paraîtrait une incongruité indécente, presque une grossièreté. Tout est suggéré et c’est au lecteur à comprendre le sens, non pas caché mais exprimé par métaphore, de façon détournée. »

Ce que Jacques PIMPANEAU dit de la littérature chinoise toute entière, on le constate particulièrement dans deux genres : la poésie et la nouvelle. Précisément, le texte Marée d’amour est une nouvelle de XU Dishan !

Pour être tout à fait clair, l’auteur chinois s’attachera plutôt à restituer une atmosphère plutôt qu’à décrire un sentiment. Car enfin, à quoi bon dire « je suis heureux » à l’autre qui ne sent pas ce bonheur ? Mieux vaut restituer les conditions du bonheur ressenti pour induire chez l’autre le sentiment qu’on ne saurait décrire. Disons qu’à la « connaissance intellectuelle » et parfois stérile d’un sentiment, les Chinois préfèrent cultiver chez l’autre sa sensibilité.

Finalement, l’enjeu peut presque être résumé ainsi : dire les choses sans que cela ce sache !  

Dans le Shi jing, ou Canon des Poèmes, le plus ancien recueil connu de poèmes de la littérature chinoise dont Confucius serait le compilateur, on distingue trois modes de composition ou d’expression poétique : 

1.       fu : expression par exposition directe (peinture fidèle du sujet dans ses réalités concrètes)

2.       bi : expression par comparaison explicite (rapprochement intellectuel de sujets de même nature)

3.       xing : expression par évocation (l’évocation poétique de l’environnement rend possible la compréhension du sujet sans sa description directe)

Dans Marée d’amour, XU Dishan fait « parler » la lune et l’encens, les lanternes au bord de l’eau et les sanglots du père…

Quant aux illustrations de Mélusine THIRY, elles touchent au cœur du texte, par la magie des ombres et des lumières. S’inspirant du tout petit et de l’infini, elle crée, par évocation, un univers harmonieux, exprimant les plaisirs et difficultés de grandir de Bao-Huang, petit héros de cette histoire tendre de XU Dishan.

23/05/2008

Le mot pour le dire

1557692963.jpgCe soir, je relis un court « Ecrits sur la peinture » de WANG Wei (699-759, poète, peintre et musicien de la dynastie Tang). Le texte s’ouvre sur une phrase forte :

Chez quiconque peint un paysage, la résonance intérieure précède le pinceau.

C’est curieux, habituellement, on lit plutôt : […], l’idée précède le pinceau. Mais, pour Jean-François ROLLIN, dont je lis la traduction ce soir (éd. Chandeignes, 1997), le mot « idée » ne suffit pas et est même « étranger, contraire à la pensée chinoise ». Intéressant !

Pour en avoir le cœur net, je recherche et retrouve la traduction que François CHENG donne du texte de WANG Wei dans son livre Souffle-Esprit (éd. Seuil, 1989), un recueil de textes théoriques chinois sur l’art pictural :

En peignant un tableau de paysage, le peintre doit avoir son pinceau guidé par le yi [idée, désir, intention, conscience agissante, juste vision].

Ce n’est certainement pas la proposition la plus simple mais elle a l’avantage d’éclairer une vérité : on aurait tort, pour traduire un mot chinois, de vouloir plaquer trop rapidement un mot français ; mieux vaut, pour en fixer tout le contour et en rendre l’essentiel, en proposer plusieurs. Cette fois, c’est sûr, pour « entendre » la pensée chinoise, on n’a pas le droit d’être paresseux !

Le peintre doit avoir son pinceau guidé par le yi ! C’est vrai que la peinture chinoise, longtemps, ne fut pas une peinture à l’huile. Le repentir du peintre était presque impossible. Avant d’y mettre le pinceau, mieux valait pour lui avoir tout vu et des intentions claires !

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Paysage de YAO Mingjing (né à Pékin en 1959) - Forêt automnale, vent sur la rivière, assis dans l'oubli
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Paysage de ZHOU Shifeng (né à Wuhan en 1962) - Forêt en profondeurs multiples, toutes imprégnées de couleurs

08/05/2008

En hommage à Lola

189077586.jpg « Qui peut me dire quelles sont les qualités de la cacahouète ? » demanda Père. […].

Père poursuit : « C’est pour cette raison que vous devez prendre exemple sur cette arachide » […].

Nous avons discuté jusque tard le soir. Et alors qu’il n’y avait plus de cacahouètes, les mots de Père restaient gravés dans mon cœur.

Qu'a bien pu dire ce sage Père ? Et qu'est-ce que la cacahouète pourrait avoir à nous apprendre ? Pour le savoir, je vous invite à lire ici l'intégralité d'une courte et édifiante histoire écrite par l'auteur chinois XU Dishan.

  

(ci-dessus, photo tirée du Koehler's Medicinal-Plants, 1887 - trouvée sur wikipédia, article "Arachide")

29/04/2008

Des enchantements du monde

838445578.jpgLes démons sont-ils des créatures de l'imagination ou l'imagination est-elle créature des démons ?

De l'avis d'un ami chinois, il n'y a pas de démon plus diabolique qu'un cœur qui cesse d'être émerveillé.

Selon lui, les cœurs qui savent peupler le monde d'esprits nous surprennent parfois, nous enseignent toujours.

25/04/2008

Avril 1948, la France...

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ZAO Wou-Ki, tout juste arrivé de Chine, découvre Paris le 1er jour d'avril 1948. L'après-midi même, il est au Louvre. Et bientôt, carnets de voyages en mains, il parcourt la France, puis l'Italie et l'Espagne à partir de 1951.

En 2006, les éditions Albin Michel nous ont donné à voir les carnets du peintre de 1948 à 1952, dans une sélection assez large (Carnets de voyages). 1948 n’y tient qu’une place très étroite mais cette année ouvre un long voyage : depuis 60 ans, ZAO Wou-Ki vit et travaille en France.

De ZAO Wou-Ki, son ami, Claude ROY a écrit : « Il est de deux pays ? D’aucun ? Il en invente donc un (au sens de le découvrir) où chacun peut vivre. Rendez-vous ici. Entrons dans la vue de ZA0 Wou-Ki. »

Venir d'ailleurs, ici, en France, et inventer un pays... comme on invente un trésor!

(ci-dessus, l'écriture de ZAO Wou-Ki et une des premières pages du carnets de 1948)