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06/03/2010

« Rouvrir d’autres possibles dans son esprit »

TIEU.Chenva-ManueldeChinoiseries.jpgVendredi 5 mars, à 18h, la librairie Le Phénix (Paris 3e, bd. Sébastopol) proposait une rencontre avec Chenva TIEU (entrepreneur, producteur de films documentaires, militant enthousiaste d'une diversité créatrice de richesse) autour de son MANUEL DE CHINOISERIES à l’usage de mes amis cartésiens (éd. Anne Carrière, 2008).

JULLIEN.Francois-TransformationsSilencieuces.jpgJe songeais, en relisant un peu ce livre ce matin, aux travaux de François JULLIEN, philosophe français et sinologue et en particulier à son dernier ouvrage paru chez Grasset en 2009, Les transformations silencieuses

Ces deux auteurs, chacun à leur façon, nous invitent à rendre possible une rencontre avec la Chine, sa pensée et les Chinois. Pour cela, ils nous proposent des codes indispensables et, mieux encore, des « outils » de nature à décentrer notre regard, à changer le point de vue à partir duquel nous construisons l'image du monde auquel nous appartenons. De quoi nous permettre de bâtir une rencontre véritable.

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20/09/2008

« 100 mots pour comprendre les Chinois », de Cyrille J.-D. JAVARY

EL_CB_100motsJavary.gifMa rencontre avec Monsieur JAVARY a quelque chose d’un « coup de foudre ». C’était à la Maison de thé de Mademoiselle LI, au Jardin d’Acclimatation de Paris en mai 2008, lors d’une conférence qu’il donnait sur la civilisation chinoise et le rapport à la modernité de cette vieille nation.

J'étais le seul Asiatique de l’audience ; probablement le plus exalté aussi du fait de ma qualité chinoise. Cela n’était pas une surprise pour le conférencier expérimenté : beaucoup de Chinois avant moi l’ont déjà félicité, et il y en aura beaucoup qui le feront après.

Paradoxalement, c’est un Chinois qui peut le mieux reconnaître la valeur de l’œuvre et de la pensée de Monsieur JAVARY, alors que son écrit est d’abord lu par un public français désireux de connaître la Chine. Pour être plus précis, c’est en tant que Chinois vivant en Occident que je me sens particulièrement concerné par les problématiques développées et éclairées par lui : il me parle des « impensés » culturels comme peu de gens l'ont fait jusqu'ici – tout au moins pas avec une telle intensité intellectuelle et simplicité de langage.
 
Sa connaissance intime de la Chine lui permet de traiter une palette étendue de sujets autour de ce pays : cosmologie, philosophie, sociologie, et quand il en parle, son propos est précis et argumenté, sans approximation. Le livre « 100 mots pour comprendre les Chinois » ne fait pas exception. Cet ouvrage, qui n’est pas un manuel pour apprendre la langue chinoise, pas plus qu'un dictionnaire, peut être lu aussi bien par les lecteurs sans la moindre connaissance de cette langue, que par ceux qui ont le chinois comme langue maternelle. Par son approche « anthropologique », ce livre nous rappelle une vérité simple : l’apprentissage des mots donne la clef non seulement de la maîtrise d’une langue, mais aussi de la compréhension d’une vision du monde, et ouvre la possibilité de « converser » fraternellement avec les gens qui parlent cette langue. Quelle serait la finalité de la connaissance d’une langue, si ce n’était pas celle-là ?

14/09/2008

Fete de la Lune

EL_Chang-E.jpgDepuis la dynastie des Tang (VIIIe siècle), la fête de la mi-automne est célébrée le 15e jour du huitième mois lunaire, qui précède toujours une nuit de pleine lune. Pour les Chinois, la lune paraît particulièrement belle et brillante à cette date. Tellement belle qu'il serait triste de la contempler tout seul.

A l'image de la lune qui recouvre sa forme pleine, la famille se réunit pour la fête, non sans une certaine mélancolie : dans la vie, les êtres aimés nous manquent trop souvent, et les retrouvailles sont aussi rares que la plénitude de la lune paraît exceptionnelle.

image de Thomas NYS extraite de l'album Lunes de Chine (éd. HongFei Cultures, 2007)

13/09/2008

Hospitalite [2]

Nous pouvons considérer que la sensibilité universaliste des Chinois s'exprime dans une autre phrase qui n'est pas moins souvent citée : « Entre les quatre mers, tous les hommes sont [mes] frères. » 

Cette phrase est [...]

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29/08/2008

Les pierres

PierreRibeyron.jpgL'eau de la rivière céleste se déverse sur la terre. Pour mettre fin au déluge, la déesse Nuwa colmate la brèche du ciel en faisant fondre des pierres de cinq couleurs... (Lire la suite)

 

détail d'une image de Samuel RIBEYRON, Pi, Po, Pierrot (éd. HongFei Cultures, 2008)

27/08/2008

Hospitalité [1]

La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin a été une occasion de recentrer notre regard sur la civilisation chinoise. Si l'on ne se contente pas de commentaires de presses mal informés ou biaisés par les idéologies, on peut effectivement y "entendre" le message qu'une nation voudrait porter au monde. Cette occasion est d'autant plus précieuse que la nation en question, la Chine, a souvent été - et l'est encore aujourd'hui - admirée ou méprisée en Occident pour de mauvaises raisons. 

Entendons-nous l'une des phrases souvent citées par les Chinois autour de l'événement : "N'éprouve-t-on pas de la joie avec des amis venant de loin ?" Cette phrase [...]

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12/07/2008

Mers de Chines

MersdeChine.jpgDans la littérature chinoise, l'évocation de la mer extrait le lecteur de son existence quotidienne pour le transporter dans un monde extra-terrestre, extra-territorial, et extra-ordinaire : un monde d'émotions. (lire la suite). 

28/06/2008

Dessine-moi ta Chine

Il y a quelques jours, quinze enfants d’une classe de CM1 de l’école Pierre Budin (Paris 18e) ont rencontré la poésie chinoise.

Guidé par le peintre Thomas NYS, ils ont dessiné « leur » Chine. Ensemble, ils ont réalisé quatre grands Tigres [hŭ] qu'ils ont remplis de leur imagination. Puis, Thomas a retenu quelques strophes des textes de YANG Huan qu’il a illustrés dans Chants des Lucioles (éd. HongFei Cultures, oct. 07) et il les a proposés aux enfants. A sa suite, chacun d’eux a pu, dans un petit livret à la couverture bleue, réaliser son propre album.

Rencontrer la poésie, c’est aussi cela : des mots qu’on lit ou qu’on entend et des images qui viennent et qu’on laisse venir, le temps de les saisir, au détour d’un tigre, de quelques coups de crayon, le temps de les faire siens.

Aujourd’hui, les grands tigres et les petits livres étaient en balade au Square Léon à l’occasion de la fête de la Goutte d’Or.

(pour tourner les pages, un clic en bas à droite) 

Une belle initiative de Julie CURIEN de la médiathèque de la Goutte d’Or (Paris 18e).

Thomas NYS a aussi illustré Lunes de Chine (éd. HongFei Cultures, oct. 07).

26/06/2008

Le festin de la vie

Après-midi rencontre-lecture avec LEUNG Ping-Kwan, auteur de Hong Kong, à la médiathèque de la Goutte d’Or (Paris 18e).

Fameux moment où l’on entendit parler d’oursins, d’aubergines, de soupe et de salade Mao, de sushis et de potage d’orties. Bref, une « poésie culinaire » ! Non pas des recettes mises en poésie, mais bien un monde de goûts, de saveurs, de matières, de couleurs, un monde sensible mis en images, en mots et en rythme par LEUNG Ping-Kwan pour dire mieux la rencontre, l’amour, les corps. Jusqu’à ce dernier texte au titre évocateur : « La soupe très efficace ». Remarquable de vigueur (chaque vers débute par « Le plus pimenté ») et d’empêchement (chaque vers appelle son contraire dans le vers suivant), ce texte fait entendre une symétrie dissonante comme l’est la cuisine cantonaise (celle de la région de Hong Kong) :

Le plus pimenté, l’ardent baiser qu’il donne  / Le plus pimenté, l’insensible froideur qu’elle affiche 

LEUNG-Gallimard.jpgLEUNG-You Feng.jpgProfesseur de littérature, auteur de nombreux livres (romans, nouvelles, essais), LEUNG Ping-Kwan est d’abord un poète. Aujourd’hui, lecture en cantonais par l'auteur d’une dizaine de textes extraits de son recueil De ci de là des choses (éd. You Feng, 2006). Sa traductrice Annie CURIEN et Julie CURIEN, responsable de l’action culturelle de la médiathèque, ont assuré la lecture en français et la traduction pendant l’échange qui a suivi.

De LEUNG Ping-Kwan, on peut aussi trouver en France un recueil de nouvelles : Îles et continents (éd. Gallimard, 2001, trad. Annie CURIEN).

A voir : quelques photos de la rencontre dans la colonne de droite de ce blog !

A noter : le titre de ce billet est emprunté à un chapître de LIN Yutang, L'Importance de vivre (éd. Picquier poche, 2007)

19/06/2008

Ombres d’une peinture

EL_ombres.jpg En Chine, un mur immaculé reçoit les ombres d'un arbre planté à côté de là, dont le feuillage vibre dans le vent. Pour ceux qui savent regarder, ces ombres mouvantes dessinent une « peinture de l'instant poétique »... (lire la suite)

30/05/2008

Dérive des continents - des rives littéraires

544129429.jpgDepuis quelques mois, la terre bouge en extrêmes orient : Chine et Taïwan se rapprochent. Pour quel résultat ? Difficile à estimer aujourd’hui. Bien sûr, il faut saluer un rapprochement pacifié à l’invitation de la Chine. Mais, dira-t-on, la petite île a-t-elle le choix ? On ergotera, si on le veut. Vu d’ici, les choses sont simples.
Pourtant, à dresser une courte histoire de la littérature taiwanaise contemporaine, on perçoit bien la complexité de la situation :
1945 – lors de sa rétrocession à la Chine, Taiwan appartenait à l’empire nippon depuis un demi-siècle ; la plupart de ses écrivains s’exprimaient en japonais. Années 60 et 70 – le débat autour du ‘modernisme’ et de la ‘littérature de terroir’, recoupait partiellement la dualité du peuple taiwanais : les ‘Continentaux’ (sans racines taiwanaises) et les Taiwanais de souche (pareillement venus du continent chinois mais à une époque plus ancienne). Années 80 – avec la démocratisation de la société, l’identité taiwanaise s’affirme plus librement et s’affranchit de l’obsession continentale ; c’est le temps d’un vaste travail d’exploration et de reconstruction de l’histoire taiwanaise. Années 90 et 2000 – une nouvelle génération d’écrivains (encore trop peu connus), mais aussi de cinéastes (reconnus internationalement), établit une distance critique par rapport au passé et aux engagements politiques dont le caractère illusoire ou même dérisoire est souligné concernant une terre à la configuration identitaire particulièrement complexe.
Rapprochement d’esprit ? Écart de texte ? (car, tout au long de ces décennies, cet écart avec le continent s’est creusé et se traduit notamment par une différentiation des styles et de la langue (du point de vue lexical, mais aussi du registre utilisé).
« Si la littérature taiwanaise est assurément profondément chinoise, et aime à se considérer comme telle […], elle doit être appréhendée, non point comme une littérature provinciale ou marginale, mais bien comme un domaine à part entière. » (A. PINO et I. RABUT)

2039341005.gifJ’emprunte l’essentiel du contenu de cet article à la préface éclairante qu’Angel PINO et Isabelle RABUT ont écrite pour le livre A mes frères du village de garnison – Anthologie de nouvelles taiwanaises contemporaines, éd. Bleu de Chine, 2001.

17/05/2008

Tremblement de terre en Chine - Trois heures et demie : le temps du lien renoué

Après le tremblement de terre survenu en Chine, dans la province du Sichuan, je pense d’abord aux victimes ; morts, disparus, blessés, survivants. On parle désormais de 80.000 victimes ; une ville préfecture, Beichuan, qui comptait 30 000 habitants, a tout simplement sombrée.

Une telle catastrophe crée beaucoup, vraiment beaucoup d’orphelins et de parents sans descendant. La philosophie chinoise enseigne l'inconstance de l’existence ; c'est cette communauté de sort, de « fragilité », qui unit les êtres humains dans une compréhension humble, profonde et sans parole. La culture chinoise enseigne aussi la force d'esprit qui peut ressortir de cette fragilité. 

Hier, trois charters ont effectué une liaison directe entre Taïwan et le Sichuan ; ils y ont livré vivres et équipements de sauvetage et ont permis d’évacuer des touristes et résidants taïwanais touchés par la catastrophe. Trois heures et demie de vol, sans escale, depuis Taipei jusqu'à Chongqing et Chengdu. Trois heures et demie après soixante années ou presque d’un divorce fratricide : c'est une première depuis 1949, année où l'île de Taïwan s’est séparée du « continent politique » chinois suite à la guerre civile. Je souhaite saluer et encourager, à la mesure de ce blog, ce lien renoué.

Et qui sait si tous ceux qui, sincèrement, ont à cœur de créer des liens de dialogue et de compréhension envers la Chine, cet immense « continent d’esprit » n'y trouveront pas l’occasion d’un exemple.

00:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, taïwan |  Facebook

29/04/2008

Des enchantements du monde

838445578.jpgLes démons sont-ils des créatures de l'imagination ou l'imagination est-elle créature des démons ?

De l'avis d'un ami chinois, il n'y a pas de démon plus diabolique qu'un cœur qui cesse d'être émerveillé.

Selon lui, les cœurs qui savent peupler le monde d'esprits nous surprennent parfois, nous enseignent toujours.

13/04/2008

Empathie

EL_CB_logo-prepar2.jpgDès son début, HongFei Cultures est conçue comme une maison d'édition "interculturelle". En effet, ses deux fondateurs sont issus de deux cultures différentes. Ils ont été imprégnés de leur "culture" respectivement française et chinoise, avant de se connaître et se reconnaître dans un projet commun favorisant la rencontre des cultures.
 
Pour que les personnes de deux cultures puissent se rencontrer, parler la même langue facilite peut-être les choses, mais cela ne suffit pas. Le vrai défi, c'est d'accepter l'idée que si l'autre pense et agit différemment - avec la sagesse de sa culture - il n'a pas forcément tort. Que ce qu'on tient pour absolu et immuable depuis son enfance ne l'est peut-être pas autant, sans que cela nuise à sa valeur ou à sa beauté.
 
Au départ étranger se sentant mal compris en France, j'en suis venu à réaliser que pour les Français épris d'universalisme, cette reconnaissance de l'"autre" implique un effort considérable, et une profonde confiance en soi.

Les publications de HongFei Cultures sont pour nous un hommage rendu à cet effort et cette confiance.

Image : un sceau, cadeau d'une amitié, avec deux caractères signifiant "l'empathie avant tout".