28.06.2008
Dessine-moi ta Chine
Il y a quelques jours, quinze enfants d’une classe de CM1 de l’école Pierre Budin (Paris 18e) ont rencontré la poésie chinoise.
Guidé par le peintre Thomas NYS, ils ont dessiné « leur » Chine. Ensemble, ils ont réalisé quatre grands Tigres 虎 [hŭ] qu'ils ont remplis de leur imagination. Puis, Thomas a retenu quelques strophes des textes de YANG Huan qu’il a illustrés dans Chants des Lucioles (éd. HongFei Cultures, oct. 07) et il les a proposés aux enfants. A sa suite, chacun d’eux a pu, dans un petit livret à la couverture bleue, réaliser son propre album.
Rencontrer la poésie, c’est aussi cela : des mots qu’on lit ou qu’on entend et des images qui viennent et qu’on laisse venir, le temps de les saisir, au détour d’un tigre, de quelques coups de crayon, le temps de les faire siens.
Aujourd’hui, les grands tigres et les petits livres étaient en balade au Square Léon à l’occasion de la fête de la Goutte d’Or.
(pour tourner les pages, un clic en bas à droite)
Une belle initiative de Julie CURIEN de la médiathèque de la Goutte d’Or (Paris 18e).
Thomas NYS a aussi illustré Lunes de Chine (éd. HongFei Cultures, oct. 07).
21:36 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, tigre, dessins, enfants, thomas nys, médiathèque de la goutte d'or
26.06.2008
Le festin de la vie
Fameux moment où l’on entendit parler d’oursins, d’aubergines, de soupe et de salade Mao, de sushis et de potage d’orties. Bref, une « poésie culinaire » ! Non pas des recettes mises en poésie, mais bien un monde de goûts, de saveurs, de matières, de couleurs, un monde sensible mis en images, en mots et en rythme par LEUNG Ping-Kwan pour dire mieux la rencontre, l’amour, les corps. Jusqu’à ce dernier texte au titre évocateur : « La soupe très efficace ». Remarquable de vigueur (chaque vers débute par « Le plus pimenté ») et d’empêchement (chaque vers appelle son contraire dans le vers suivant), ce texte fait entendre une symétrie dissonante comme l’est la cuisine cantonaise (celle de la région de Hong Kong) :
Le plus pimenté, l’ardent baiser qu’il donne / Le plus pimenté, l’insensible froideur qu’elle affiche

Professeur de littérature, auteur de nombreux livres (romans, nouvelles, essais), LEUNG Ping-Kwan est d’abord un poète. Aujourd’hui, lecture en cantonais par l'auteur d’une dizaine de textes extraits de son recueil De ci de là des choses (éd. You Feng, 2006). Sa traductrice Annie CURIEN et Julie CURIEN, responsable de l’action culturelle de la médiathèque, ont assuré la lecture en français et la traduction pendant l’échange qui a suivi.
De LEUNG Ping-Kwan, on peut aussi trouver en France un recueil de nouvelles : Îles et continents (éd. Gallimard, 2001, trad. Annie CURIEN).
A voir : quelques photos de la rencontre dans la colonne de droite de ce blog !
A noter : le titre de ce billet est emprunté à un chapître de LIN Yutang, L'Importance de vivre (éd. Picquier poche, 2007)
01:14 Publié dans Lettres & Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : leung ping-kwan, cuisine, poésie, chine, hong kong, cantonais
19.06.2008
Ombres d’une peinture
En Chine, un mur immaculé reçoit les ombres d'un arbre planté à côté de là, dont le feuillage vibre dans le vent. Pour ceux qui savent regarder, ces ombres mouvantes dessinent une « peinture de l'instant poétique »... (lire la suite)
01:09 Publié dans Le site de HongFei | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, mur, peinture, ombre
30.05.2008
Dérive des continents - des rives littéraires
Depuis quelques mois, la terre bouge en extrêmes orient : Chine et Taïwan se rapprochent. Pour quel résultat ? Difficile à estimer aujourd’hui. Bien sûr, il faut saluer un rapprochement pacifié à l’invitation de la Chine. Mais, dira-t-on, la petite île a-t-elle le choix ? On ergotera, si on le veut. Vu d’ici, les choses sont simples.
Pourtant, à dresser une courte histoire de la littérature taiwanaise contemporaine, on perçoit bien la complexité de la situation :
1945 – lors de sa rétrocession à la Chine, Taiwan appartenait à l’empire nippon depuis un demi-siècle ; la plupart de ses écrivains s’exprimaient en japonais. Années 60 et 70 – le débat autour du ‘modernisme’ et de la ‘littérature de terroir’, recoupait partiellement la dualité du peuple taiwanais : les ‘Continentaux’ (sans racines taiwanaises) et les Taiwanais de souche (pareillement venus du continent chinois mais à une époque plus ancienne). Années 80 – avec la démocratisation de la société, l’identité taiwanaise s’affirme plus librement et s’affranchit de l’obsession continentale ; c’est le temps d’un vaste travail d’exploration et de reconstruction de l’histoire taiwanaise. Années 90 et 2000 – une nouvelle génération d’écrivains (encore trop peu connus), mais aussi de cinéastes (reconnus internationalement), établit une distance critique par rapport au passé et aux engagements politiques dont le caractère illusoire ou même dérisoire est souligné concernant une terre à la configuration identitaire particulièrement complexe.
Rapprochement d’esprit ? Écart de texte ? (car, tout au long de ces décennies, cet écart avec le continent s’est creusé et se traduit notamment par une différentiation des styles et de la langue (du point de vue lexical, mais aussi du registre utilisé).
« Si la littérature taiwanaise est assurément profondément chinoise, et aime à se considérer comme telle […], elle doit être appréhendée, non point comme une littérature provinciale ou marginale, mais bien comme un domaine à part entière. » (A. PINO et I. RABUT)
J’emprunte l’essentiel du contenu de cet article à la préface éclairante qu’Angel PINO et Isabelle RABUT ont écrite pour le livre A mes frères du village de garnison – Anthologie de nouvelles taiwanaises contemporaines, éd. Bleu de Chine, 2001.
12:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, taïwan, littérature taiwanaise
17.05.2008
Tremblement de terre en Chine - Trois heures et demie : le temps du lien renoué
Après le tremblement de terre survenu en Chine, dans la province du Sichuan, je pense d’abord aux victimes ; morts, disparus, blessés, survivants. On parle désormais de 80.000 victimes ; une ville préfecture, Beichuan, qui comptait 30 000 habitants, a tout simplement sombrée.
Une telle catastrophe crée beaucoup, vraiment beaucoup d’orphelins et de parents sans descendant. La philosophie chinoise enseigne l'inconstance de l’existence ; c'est cette communauté de sort, de « fragilité », qui unit les êtres humains dans une compréhension humble, profonde et sans parole. La culture chinoise enseigne aussi la force d'esprit qui peut ressortir de cette fragilité.
Hier, trois charters ont effectué une liaison directe entre Taïwan et le Sichuan ; ils y ont livré vivres et équipements de sauvetage et ont permis d’évacuer des touristes et résidants taïwanais touchés par la catastrophe. Trois heures et demie de vol, sans escale, depuis Taipei jusqu'à Chongqing et Chengdu. Trois heures et demie après soixante années ou presque d’un divorce fratricide : c'est une première depuis 1949, année où l'île de Taïwan s’est séparée du « continent politique » chinois suite à la guerre civile. Je souhaite saluer et encourager, à la mesure de ce blog, ce lien renoué.
Et qui sait si tous ceux qui, sincèrement, ont à cœur de créer des liens de dialogue et de compréhension envers la Chine, cet immense « continent d’esprit » n'y trouveront pas l’occasion d’un exemple.
00:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, taïwan
29.04.2008
Des enchantements du monde
Les démons sont-ils des créatures de l'imagination ou l'imagination est-elle créature des démons ?
De l'avis d'un ami chinois, il n'y a pas de démon plus diabolique qu'un cœur qui cesse d'être émerveillé.
Selon lui, les cœurs qui savent peupler le monde d'esprits nous surprennent parfois, nous enseignent toujours.
01:04 Publié dans Lettres & Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démon, chine, imagination













